Kiff No Beat, entre coupé et hip-hop

Véritable phénomène urbain dans un pays, la Côte d’Ivoire, marqué par le mouvement zouglou et le coupé décalé, le groupe Kiff No Beat est frais et a prouvé son talent au travers de deux albums, et compte bien s’emparer du reste du continent. De passage dans la capitale économique camerounaise pour un concert, il nous a accordé une interview.

Kiff No Beat

Présentation?

Le groupe est formé de Didi B , Joochar, Elow’n, Black K, et Eljay . On est cinq jeunes aux influences et aux personnalités différentes mais complémentaires.

Comment est né le groupe et comment vous êtes-vous rencontrés?

Bien qu’il y ait parmi nous des cousins, nous sommes avant tout des amis. Nous avons grandi dans la même ville et le même quartier. Au départ, il existait deux groupes, KNB qui était composé de Didi B, Elow’n et Black K; et Jerk Boyz composé d’ El jay et Joochar. Nous étions tout le temps ensemble, c’est tout naturellement qu’on a créé, en 2010,  le groupe Kiff No Beat.

A travers vos chansons, plusieurs styles musicaux se font sentir, quelles sont vos influences musicales?

Le coupé décalé d’abord parce que nous sommes ivoiriens et des sonorités africaines, mais à coté de cela, on écoute beaucoup de pop , de rap ou de reggae dance-hall. Et avec toutes ces influences, nous avons voulu créer un style propre qu’on a nommé le dirty décalé qui est un mélange de coupé décalé et de dirty south, le rap du Sud des Etats-Unis, avec une coloration ivoirienne.

Kiff No Beat

Vous êtes aujourd’hui connus au-delà des frontières ivoiriennes, comment gérez-vous ce succès? Vous avez changé ?

Nos vies ont certainement changé mais nos habitudes restent les mêmes. Le succès ne nous monte pas à la tête, on garde les pieds sur terre car ce n’est que le début. Et nous sommes entourés de personnes expérimentées qui nous canalisent.

Quels messages véhiculez-vous à travers votre musique?

 Le travail, la détermination et la foi. Ceux qui connaissent notre musique et notre groupe savent que nous sommes partis de rien pour arriver là où nous sommes. Nous voulons montrer aux jeunes qu’on peut commencer dans les bidonvilles africains et finir à Miami.

Que signifie le numéro 13 qui figure sur vos t-shirts, casquettes… ? 

Le 13 représente la créativité, l’endurance, le secret.

Vivez-vous vraiment ce que vous chantez? 

Evidemment, nous essayons de transcrire notre vécu dans nos textes. Le rap n’est pas que conscient, c’est également un ego trip. Nous avons décidé à travers notre art de dire ce qu’on vit, nous essayons d’être vrais vis-à-vis de notre public.

Si vous pouviez inviter trois artistes vivants ou morts à manger le garba (plat populaire ivoirien à base de semoule de manioc accompagné de morceaux de thon frit) qui seraient-ils et pourquoi?

Lil Wayne , Shado Chris et Dj Arafat.

Des projets ?

Un troisième album et une mixtape en cours d’enregistrement.

Propos recueillis par Elodie Din.