Chroniques musique

 

Olivia ruiz - Coversleeve.qxp_Coversleeve - recto

Olivia Ruiz, la sensuelle

Quelle incroyable façon de passer à côté de l’univers d’Olivia Ruiz que de le qualifier  de « foldingue », comme on l’a lu à diverses reprises  ! Tout ça parce que son premier tube, en 2005 , s’appelait « La Femme chocolat » !  Or le monde de la jeune chanteuse est tout sauf foutraque. Celle qui marqua de sa personnalité la 1ère « Star Academy » en 2001 serait plus proche d’une Juliette Greco – pour la sensualité extrême – qui aurait « transité » par des artistes comme Serge Gainsbourg, Claude Nougaro ou Alain Baschung. Le titre de l’album, A nos corps-aimants, ou celui de la chanson vedette, « Mon corps mon amour », disent tout et brouillent les messages trop souvent fades de l’époque actuelle. Que chante-t-elle ? « Je baise donc je suis ». « Rien ne dissocie mes chairs et mon âme »…  Superbes lignes à dimension quasi métaphysique et qui laissent entrevoir une femme qui vit ses pulsions jusqu’au bout de ses fantasmes. Une femme de 2017 ?   Peut-être…  En tout cas, ce cinquième opus de la belle Olivia est important par ses textes qui ne sont pas forcément servis par une réalisation artistique, entre rock, espagnolades ou variété française, et des musiques qui ne vous arrachent pas vraiment de votre fauteuil.  Il n’empêche, ces confessions d’un « amer ego » touchent et valent le détour de l’oreille.

A nos corps-aimants. Olivia Ruiz. Polydor/Universal.

Album Artwork

Immortel David Bowie

On ne cessera jamais de s’extasier devant cette manie qu’ont les créateurs de comédie musicale d’affadir, de dénerver la puissance d’une œuvre. Voici David Bowie maintenant victime du « syndrome Broadway » ! Lazarus, pièce conçue par la rock-star britannique un an avant sa mort  comme la continuation de L’Homme qui venait d’ailleurs  (1976),  le premier film dans laquelle il tenait le rôle principal, a été  jouée à New York il y a quelques mois et à Londres jusqu’à la mi-janvier. Le premier CD en est la bande son ; tous les grands titres du Starman y sont passés à la moulinette du fadasse mainstream américain. En revanche, obligation absolue de s’approprier le second disque qui contient les quatre chansons composées pour l’occasion par le maestro. Rien de musicalement novateur, juste le dernier souffle d’un très grand créateur et c’est grandiose. Avec, notamment, le plus que sublime « No Plan » ; voix fragile qui ânonne la mort à venir sur des harmonies mineures. L’artiste qui s’apprête à « connaître l’inconnaissable » (Husserl).  Moment esthétique absolu.

Lazarus. Sony Music.

unspecified

Ainsi est Holybrune…

Son premier EP s’intitule Pandemonium c’est-à-dire la capitale imaginaire des enfers, le siège des démons, rien que cela !  Mais damoiselle Holybrune, superbe métisse, veut trancher dans le lard, se singulariser par rapport à la nouvelle vague de jeunes chanteuses françaises et, pour ce faire, joue un rôle de belle perverse.  Elle y parvient partiellement avec ce « 6 titres » qui navigue plus ou moins habilement entre RnB, électro, le tout additionné d’un zeste d’esprit rock.  « Nuit noire » entre dans cette catégorie et, surtout, « Ainsi soit-il » (clip superbe, mélodie et paroles qui tiennent la route, arrangements efficaces) émergent nettement du lot. A suivre…

 Pandemonium. Holybrune. Les Autres/Warner. 

81UwY9xdvNL._SL1200_

La voix d’or de Bonga 

C’est d’abord et avant tout une voix exceptionnelle, rauque qui vous râpe les nerfs et l’âme. Bonga est aussi le plus célèbre chanteur angolais, bien qu’il vive en exil depuis les années 1970. Recados de Fora est son 31ème album et la voix d’or se porte à merveille. Entre ballades déchirantes et titres de semba (la 1ère musique moderne locale) qui swinguent, elle continue de nous enchanter. Elle se permet même des incursions cap-verdiennes (la morna « Odji  Maguado ») ou brésiliano-portugaises (« Sodade, meu bem, Sodade »).  Bref, tudo bem (tout va bien, NDLR) !
Recados de Fora. Bonga. Lusafrica/Sony Music.