A voir : L’ascension

L’air pur des sommets

Fou amoureux de Nadia, Samy décide après un pari audacieux de gravir le mont Everest pour conquérir le cœur d’une jolie brune aux yeux pétillants, au pied des barres de bitume de la cité des 4000, dans le 93.

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Tenace et décidé, il bénéficie du soutien d’un sponsor sportif après avoir été la risée de plusieurs banquiers. Dénué d’expérience, sans job car exclu de l’ascenseur social du morose et apathique Hexagone qui se montre incapable de pousser de l’avant une jeunesse pourtant française et européenne, il part pour les grands espaces et l’inconnu du Népal : la métaphore du film prend tout son sens, porté par un Ahmed Sylla, pétri de talent. L’humoriste oscille avec brio entre tragi-comique à travers ce portrait réaliste, plein de densité humaine et surtout riche en émotions.

On aime l’élégance de la caméra qui passe des hauteurs népalaises à celles des hauteurs des H.LM de la Courneuve, l’amitié naissante entre Samy et son coéquipier népalais, le bloc d’amour de sa famille, digne et méritante. Inspirée de l’histoire vraie de Nadir Dendoune, premier franco-algérien à avoir gravi l’Everest, L’Ascension est une sacrée leçon d’humanité sur le combat contre déterminisme social et l’amour qui transforment la cité en espace de volonté et de créativité où des hommes et des femmes ont un cœur énorme. Mention spéciale à la production qui, comme le héros, n’a pas lâché prise et s’est battue plus de quatre ans pour que ce film voit le jour.

 

Unnamed

A l’affiche, L’ascension de Ludovic Bernard, avec Ahmed Sylla, Alicia Belaïdi, Kévin Razy.

Par Fouzia Marouf.