Chroniques Arts

L’habit alibi

Accessible et didactique… Dense sans être trop chargée… diversifiée et éclectique, sans perdre son visiteur ! Cette exposition est un véritable régal… Une belle mise en perspective vestimentaire, sociétale, culturelle. A voir seul, en famille, ou en accompagnant un enfant, toutes les formules sont adaptées à ce beau parcours, très instructif. A partir d’Adam et Eve, tout commence. Eh oui, les vêtements seront sobres ou ne seront pas, légués qu’ils ont été d’un péché originel, dixit la Bible. Le point de vue assez strictement occidental est toutefois vraiment assumé. Alors qu’en faire ? Que l’Afropolitaine en profite pour se laisser surprendre par les multiples récits sur l’élégance et les tenues de circonstance, les manuels de bonne conduite ou traités de savoir-vivre, les jupes pour hommes et les tolérances pour les femmes, le visage poudré, blanchi des hommes puissants du 17ème siècle ou l’unisexe de 1960… Au-delà d’illustrations occidentales tellement omniprésentes dans nos imaginaires qu’elles apparaîtraient universelles, il est possible d’y trouver des transpositions à d’autres origines culturelles… répondant à des logiques semblables. L’humain en société, occidentale ou pas, nu ou habillé, est l’humain, avec ses paradoxes et ses (r)évolutions plus ou moins heureuses. Plus concrètement, des activités pratiques sont aussi prévues pour le public.

Tenue Correcte Exigée, Quand le vêtement fait scandale – Musée des Arts Décoratifs – jusqu’au 23 avril 2017

[illustrations issues du dossier de presse : adam et eve (absolument) – homme noir au jean déchiré OU mannequin homme type travesti en défilé]

Ceci est une image

Je n’aurais pas été voir l’exposition, tout à fait complémentaire, au centre Wallonie de Bruxelles en face de Beaubourg, j’aurais manqué de belles découvertes… et je n’aurais pas su que c’est E.L.T. Mesens, artiste belge ami de Magritte, qui l’a présenté aux surréalistes français ! Pas moins de 28 artistes du « plat pays », avec une belle mixité femmes/hommes, avec une grande diversité de créations et de recherches, sont présenté(e)s… Nous savons bien que la société de l’image, et des images, dans laquelle nous sommes plongé(e)s nous en impose une foultitude. Dès lors, comment dire simplement que l’exposition Magritte, la trahison des images se présente comme incontournable ? Qu’elle permet de soulever des questions de fond sur notre rapport au réel, sur notre condition humaine… avec des mots ou des images : de la représentation… De quoi relativiser littéralement nos ‘points de vue’, sans pour autant être surréaliste !

 

Magritte, la Trahison des images, Beaubourg – jusqu’au 23/01/2017

Images et mots depuis Magritte, Centre Wallonie de Bruxelles, jusqu’au 29/01/2017

Répétition générale avant Auschwitz 

Oui, il a existé des camps de concentration au XXème siècle avant ceux de la Seconde guerre mondiale. Cela s’est passé sur le territoire de l’actuelle Namibie et leurs auteurs étaient allemands. Ces camps s’inspiraient de « réalisations » anglaises en Afrique du Sud… Un récit de génocide, celui des Herero et des Nama en l’occurence, ce n’est pas drôle. Des dizaines de milliers de morts. C’est troublant. Ça laisse une impression de vide en soi. La documentation assez lourde affichée et les commentaires denses permettent à ceux qui le souhaitent de mieux comprendre la complexité de ce qui se joue dans pareille situation. Les moment clefs, les alliances qui se font et se défont, les négociations, les compromissions, les hésitations, les événements, la violence, la terreur, l’absurdité, les destructions, la dureté des faits et des images… Des excuses officielles du gouvernement allemand seraient sur le point d’être prononcées mais Berlin ne veut pas entendre parler de réparations ! Quand l’histoire se répète…

Le Premier Génocide du XXème siècle, Herero et Nama dans le Sud-Ouest africain allemand, 1904-1908, Mémorial de la Shoah – jusqu’au 12 mars 2017. 

Par Tidjani DIALLO et Zine El Abidine LARHFIRI