Chroniques Cinéma

Quand Walt Disney s’aventure en Océanie…

Viana Disney

Film d’animation. « Vaiana, la légende du bout du monde », dernier né des studios Disney, de John Musker et Ron Clements, nous conte les initiatiques aventures d’une jeune Polynésienne, prête à tous les sacrifices pour sauver son peuple menacé de disparition. Poétique, drôle, porté par l’intrépide Vaiana, ce long métrage qui se situe au cœur de l’Océanie, une première au sein de la fameuse fabrique à rêves américaine, souffle un vent d’espoir et de légèreté. Une production filmée avec style et magnifiquement animée. On a aimé la version en langue arabe qui fut présentée lors du 16ème Festival International du Film de Marrakech.

Vaiana, la légende du bout du monde, de John Musker et Ron Clements. Toujours en salles.

Documentaire Le Concours

Femis, ton univers impitoyable…

Un documentaire rêvé, quasi fantasmé au sujet du concours d’entrée de la Femis, la prestigieuse Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son, précieux sésame pour accéder aux métiers du cinéma. Claire Simon, alors directrice du département réalisation dans l’institution, a pendant un certain temps fait passer l’épreuve en compagnie du Mauritanien Abderrahmane  Sissako qui était président du jury. « Par sa qualité de cinéaste africain,  raconte Claire Simon, Abderrahmane interrogeait plus volontiers leur rapport au monde… C’était très intéressant et on se disait tous les jours : « Quel dommage de ne pas filmer ce qu’on voit, l’énergie et le désir des jeunes gens ! » (…) C’est chose faite. Ce récit où se croisent les destins, s’ouvre par un plan large qui tente de décrire  une envie, une urgence de 7ème Art chez les 1 200 candidats regroupés en amphi. On voit les jurés fantasmer sur la qualité des élèves reçus au concours. Sauf qu’on ne voit ni noirs ni beurs, ni jaunes… Un cruel manque de diversité, qui annonce peut-être un cinéma « blanc », « parisien bon teint » dans les dix prochaines années. Risquez, osez, un art audacieux, révolutionnaire, vivant ! Voilà ce qu’on a dit aux 60 candidats reçus à l’issue du concours. On peut douter…

Le Concours, de Claire Simon. En salles le 8 février.

Loin du tumulte du Printemps arabe

Hedi Un vent de liberté

Premier film de Mohamed Ben Attia, coproduit pas les frères Dardenne, « Hedi, un vent de liberté » suit l’errance d’un personnage  aux prises avec l’autorité et écrit les lignes d’un nouveau cinéma. A contre-courant de la production tunisienne actuelle, consacrée au Printemps arabe, tels Fellaga 2011 ou Revolution under 5′, ce long métrage se situe hors du tumulte et des soulèvements qui ont agité la jeunesse tunisienne cette dernière décennie. Contemplative, la caméra de Mohamed Ben Attia, laisse presque respirer Hedi (Majd Mastoura) en plein doute parce qu’amoureux d’une autre femme, alors qu’il doit se marier. A la manière d’un écho avec la néo Tunisie, qui hésite entre présent et passé…

Hedi, un vent de liberté, de Mohamed Ben Attia, avec Mjad Mastoura. Toujours en salles.

La mort pour la peine de mort ?

Hedi un vent de liberté

Oliver Schmitz continue d’explorer les méandres et l’histoire de son pays, l’Afrique du Sud. A travers Shepherds and Butchers, un thriller, il nous embarque au cœur d’une intrigue sombre où le héros, Léon (Garion Dowds), est mis à rude épreuve dans une nation déployant avec rudesse sa part d’ombre. Poussé par un acte d’une violence inouïe, Léon, 19 ans, jeune blanc, assassine sauvagement sept hommes noirs à la fin des années 1980. Un avocat britannique, John Weber (Steve Coogan), accepte de le défendre bon gré mal gré.  La virtuosité du cinéaste sert une mise en scène intelligente, se mettant dans les pas de cet avocat tentant de « disséquer » la conscience de l’auteur de ces sept homicides, dont le métier, gardien de prison, l’amenait à côtoyer de grands criminels, jusqu’à assister à leur exécution.  Au final, Shepherds ans Butchers dynamite la question de la peine de mort et personne n’en sort indemne.

Shepherds and Butchers, de Oliver Schmitz, avec Garion Dowds et Steve Coogan. En salles le 31 janvier.

Par Fouzia Marouf.