Coiffures traditionnelles : retour aux racines

Depuis la vague Nappy, c’en est fini des lissages et tissages ! On se remet à apprécier la beauté des tresses, des vanilles et des afros, chères à nos mamies. Revival d’une tendance incontournable… sur les traces de Beyoncé, Rihanna et Solange !

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Exposition en live de “Braids” en collaboration avec Saint Heron @ShaniCrowe

Longtemps jugées archaïques et disgracieuses, les coiffures traditionnelles africaines font leur grand retour. De plus en plus nombreuses sont les femmes qui arborent des coiffes d’antan, la tresse comme l’afro ou la bantou. Rihanna et ses bantu knots, Solange et ses tresses perlées venues de l’Egypte antique, Beyoncé et sa couronne de tresses en hommage à la tribu Mangbetu (RD Congo), Lupita Nyong’o et sa coiffure zulu au Met Ball 2016, le gala de charité le plus couru de New York ; ou encore Nina Simone avant elles. La coiffure africaine a de nombreuses admiratrices. Depuis la vague Nappy (naturelle et heureuse, NDLR), fini le diktat des standards de beauté imposés par la société ! Les crinières crépues qu’il fallait cacher et dompter coûte que coûte, sont sorties de leurs tanières.

Luna (SwaggaIsMyStyle sur Instagram), une jeune blogueuse londonienne d’origine congolaise, s’explique sur la question: “Je sais combien il est difficile d’entretenir les cheveux naturels. Mais même si j’ajoute des extensions, je préfère que ces dernières ressemblent à mes cheveux naturels. J’aime l’idée d’embrasser la nature de mes cheveux africains. Les tresses, les vanilles, l’afro… C’est ce que j’ai connu durant toute mon enfance et c’est ce que j’aime. Ça représente mes racines africaines et complète mon style par la même occasion”.

Le travail de Shani Crowe, artiste interdisciplinaire basée à Chicago, est axé sur la coiffure culturelle et les rituels de beauté de l’Afrique et sa diaspora. Dans sa dernière exposition intitulée Braids (traduction: tresses), elle montre à quel niveau ces pratiques rituelles sont des outils qui favorisent la connectivité. Un événement qui a fait connaître son talent à l’international. C’est elle d’ailleurs qui a conçu la coiffure de Solange lors de sa performance en direct sur NBC, pour le talk show Saturday Night Live, le mois dernier.

Laeticia, est coiffeuse à Paris depuis trois ans. Elle nous parle de la demande de coiffures traditionnelles qui est à la hausse chez les jeunes femmes: “Les tresses ont toujours eu du succès, mais plutôt chez les femmes mûres ou les jeunes mères qui viennent faire coiffer leurs petites filles. Mais il est vrai que ces dernières années, de plus en plus de jeunes femmes demandent à faire des tresses africaines, des box braids, des vanilles, des crochets etc… Elles veulent une coiffure abordable, qui demande peu d’entretien, et qui tient le plus longtemps possible. Mais bien sûr, avec l’augmentation de la demande, les prix ont augmenté. Se faire des tresses n’est plus aussi abordable qu’auparavant. Mais en Afrique, ce genre de coiffures ne coûte rien du tout: environ dix euros”. Pour Dylan, juriste en droit européen des affaires, c’est une question de budget mais aussi de style. Elle s’explique : « Je me coiffe selon mes envies. L’essentiel, c’est que mes cheveux se reposent. Me faire des tresses me coûte beaucoup moins cher que me faire poser un tissage avec une closure*. Je préfère investir moins et être tout aussi belle”.  Les coiffures traditionnelles sont une façon d’embrasser ses racines, de protéger ses cheveux mais aussi de se faire belle à un prix abordable. Chose certaine, le “retour aux sources” est loin d’être un simple effet de mode. « Ce qui est précieux ne peut être perdu avec le temps ».

*closure: extensions que l’on pose sur la partie avant du tissage pour un effet naturel.

 Par Marella Lumbila