Didier Mandin, visionnaire et passionné

Il fait partie de ces personnes qui éveillent les consciences. Originaire de Guadeloupe, ce trentenaire très investi sur la scène afropéenne est à la tête de l’agence AK-A, spécialisée dans le marketing ethnique.

Didier Mandin

Combien de femmes noires de l’Hexagone se sont- elles plaintes de ne pas trouver de cosmétiques adaptés à leur peau ou à leur chevelure? Mais ça, c’était avant que Gwladys Mandin et Olivier Turounet, à peine rentrés des États-Unis, décident de créer une offre d’afro-marketing inédite en  France. À court de local, le duo d’amis s’installe alors chez Didier, le frère de Gwladys, et fonde l’agence AK-A – trois initiales pour Afro Karibbean Awareness.

À l’époque, Didier Mandin se sent à l’étroit dans ses habits de trader. Séduit par le projet de sa sœur, il s’y implique de plus en plus. Au point de rejoindre officiellement l’agence en 2006.

Des débuts difficiles

Au départ, les grandes marques sont loin d’être réceptives. Mais bientôt, le travail et l’acharnement paient. Et tandis que les médias s’intéressent au  concept de marketing ethnique, « les enseignes de  cosmétiques se rendent à l’évidence et prennent enfin conscience du pouvoir d’achat des femmes  noires », explique Didier Mandin. Il faut dire qu’en France, les femmes noires dépensent en moyenne 983 € par an en articles de beauté, contre 255 pour  la moyenne nationale !

De quoi persuader Gemey Maybelline, L’Oréal  (Mizani), Garnier ou encore Franck Provost (Niwel)  de développer des produits spécifiques pour les  clientes afros. Aujourd’hui, l’agence AK-A réalise des études de marché, des enquêtes pour certains de ces grands noms de la cosmétique.

La passion pour guide

Guidé par son flair et animé par la passion, Didier Mandin n’est jamais à court d’idées nouvelles. Ainsi, en 2013, il lance le Natural Hair Academy, une manifestation dédiée au cheveu crépu et dont le succès atteste d’un profond changement  de consommation. « Les femmes afros ont découvert les potentialités de leur chevelure, confirme-t-il. Elles sont à l’affût de techniques pour se coiffer sans en altérer la nature. »

Plus récemment, AK-A a aussi investi le domaine culturel avec le festival Brown Sugar Days, consacré au cinéma Afro-Américain. Inaugurée en  mars dernier au Grand Rex de Paris, cette journée marathon de cinq projections a réuni près de 2 000 personnes. Preuve s’il en est qu’il n’y a pas que dans l’industrie cosmétique que les besoins en marketing ethnique sont prégnants.