Élection présidentielle 2017 : quatre femmes en questions (1/4)

 

Nous sommes à moins de deux mois de l’élection présidentielle française et jamais un pareil scrutin n’a semblé aussi indécis depuis le début de la Ve République. Scénario idéal pour les amateurs de suspense : Marine Le Pen sera-t-elle présente au second tour ? François Fillon confirmera-t-il sa victoire à la primaire de la droite ? La gauche parviendra-t-elle à surmonter ses divisions ? Et quid d’Emmanuel Macron ? Au-delà des enjeux purement électoraux, nous avons voulu savoir ce que pensaient quatre femmes politiques,  à propos de cinq sujets qui nous paraissent majeurs.

Chaque semaine une politicienne nous confiera ses pensées. Aujourd’hui, nous donnons la parole à Coumba Dioukhané, Secrétaire nationale des Républicains à la coopération et au développement, maire adjointe à Évreux.

‘‘ Pour les couples qui ne sont pas homosexuels, j’approuve tout ce qui est PMA ou GPA. ’’

coumba-dioukhané- IAMDIVAS

1) ASSIMILATION OU INTÉGRATION  ?

Je trouve que ce sont de grands mots. J’ai été enseignante d’anglais durant 17 ans, de 1991 à 2008 à Évreux (Haute-Normandie), dans l’enseignement privé sous contrat. J’étais musulmane dans un établissement catholique sans que cela pose problème. La question est ailleurs. Il faut plutôt prendre en considération notre société dans toute sa diversité, une population hétéroclite venant de divers horizons. Ce sont des Français qui, souvent, ont épousé la culture française, avant même d’arriver en France pour certains. Mon grand-père est un ancien combattant qui a fait la guerre d’Indochine. On ne va donc pas m’apprendre ce que c’est qu’être Français ! Je ne me suis jamais posé la question de savoir si je devais m’intégrer ou pas. Le travail, le logement et l’éducation devraient être les questions prioritaires. Et j’ajouterais que l’échec de la politique d’intégration est une réalité. Les Français ont besoin de vraies mesures et non d’amalgames autour du terrorisme et du banditisme.

2) LA QUESTION DE L’IDENTITÉ N’A-T-ELLE PAS PRIS TROP DE PLACE ACTUELLEMENT DANS LE DÉBAT POLITIQUE ?

Tant qu’on ne prendra pas en considération la spécificité de la société française, les problèmes demeureront non résolus. Il faut cesser de parler sans discernement des étrangers, d’avoir certains tabous liés aux quotas. Il faut que l’on arrête également avec ces désignations de « Black », de « minorités visibles », de « minorités ethniques » car derrière ces termes confus se cachent des Français.

3) PMA, GPA… JUSQU’OÙ DOIT-ON ALLER ?

Là aussi, il faut légiférer. Je respecte l’orientation sexuelle de chacun. En revanche, je suis opposée à l’adoption par des couples homosexuels. Ma vision de la famille reste très traditionnelle. Pour les couples qui ne sont pas homosexuels, j’approuve tout ce qui est PMA ou GPA.

4) L’ÉCOLOGIE DOIT-ELLE ÊTRE POLITIQUE ?

Un sujet tel que l’écologie doit être traité en politique afin d’être réglementé. La pollution, la prolifération de gaz à effet de serre doivent rester des questions majeures. Elles engendrent d’autres problèmes comme l’immigration, ou encore la faim dans le monde. L’Afrique est le continent qui pollue le moins mais elle subit les plus fortes retombées néfastes liées à la pollution. L’enjeu de ce continent est de s’industrialiser de façon responsable pour éviter de se retrouver dans la même situation que nos pays, sinon il lui sera difficile  de se redresser. L’urgence principale reste la faim et l’éducation. Des projets doivent prendre vie très rapidement ; les projets d’abord, les sous ensuite et pas l’inverse.

5) FAUT-IL ALLER VERS UNE PARITÉ TOTALE ?

Dans tous les scrutins de listes (sauf les élections législatives), on retrouve déjà la parité intégrale. C’est pourquoi je trouve amusant que certains s’insurgent face à l’idée de la mise en place de la discrimination positive. Être une femme en politique est quelque chose d’extrêmement rude. Nous devrions pourtant y avoir toute notre place. Le machisme qui règne doit cesser. Notre sensibilité, notre perspicacité dans la gestion quotidienne d’un territoire, que ce soit un pays ou une collectivité, ne sont pas assez visibles./

Propos recueillis par Ekia Badou. Photo Flacoro Diallo