Femmes Peules : l’élégance en héritage

Imitées mais jamais égalées, les Peules ont la réputation d’être les plus belles femmes d’Afrique de l’Ouest. Ne vous y trompez pas : le secret de cette beauté si souvent célébrée ne réside pas tant dans leurs parures extravagantes, ni dans les étoffes colorées dont elles se ceignent le corps. Encore moins dans leurs coiffures, un brin baroques. Mais davantage dans leur manière d’être, d’habiter leur corps, de se mouvoir dans l’espace…

Teint cuivré, silhouette longiligne, chevelure souple et ondulée… Les attributs des femmes peules, qui attirent depuis toujours les objectifs des photographes du monde entier, nous font toutes pâlir d’envie. Leur sens aigu de l’esthétisme est si naturel qu’on le croit volontiers inné. Et il y aurait de quoi en inspirer plus d’une !

JEUX DE CONTRASTES

 Timothy Allen

Depuis les temps anciens, les femmes peules pratiquent divers tatouages et scarifications noirs sur les joues, le coin des yeux, les mains et les pieds afin de donner l’illusion d’un teint plus clair. A la puberté, lors de la cérémonie de passage à l’âge adulte, la gencive supérieure, le pourtour des lèvres sont tatouées à l’indigo. Ainsi noircies, les gencives font mieux ressortir la blancheur immaculée des dents. Pour entretenir l’éclat de leur sourire, elles se nettoient quotidiennement les dents avec une brosse 100% naturelles appelée siwak, on dit aussi souak, miswak ou bâton d’Arak. Adopté en Orient depuis le XIVe siècle pour l’hygiène bucco-dentaire, ce soin prévient la formation du tartre, renforce les gencives, et blanchit l’émail.

REGARD INTENSE

Chez les Peules, le regard est l’atout charme par excellence. Mais attention : fixer un homme peut être interprété soit comme de l’amour, soit comme de l’impolitesse. Pour se donner un regard ravageur, les femmes soulignent la partie inférieure de l’oeil d’un trait de khôl kalé. Jadis utilisé par les Egyptiens, le khôl n’est pas juste un accessoire de coquetterie : il permet de soulager les infections oculaires et protège les yeux des fortes rétractations de la lumière émise par le sable du désert. En période de fêtes traditionnelles, les femmes peules complètent ce maquillage en appliquant sur le visage de l’ocre rouge ou jaune. Réputée pour ses propriétés apaisantes et cicatrisantes, cette argile constitue un véritable masque biologique qui protège aussi bien du soleil, de la sécheresse de l’air, que des insectes.

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COIFFURE AERIENNE 

Varié et recherché, le style capillaire est aussi un élément d’identification sociale. Ainsi, pour son premier enfant, la femme peule arbore deux petites tresses retombant sur les tempes et dont chaque extrémité est ornées de pierres blanches, symboles de la sagesse. Le modèle dit “en gourde”, lui, consiste en un chignon ramassé sur le haut et l’avant du crâne. Cela dit, c’est la majestueuse coiffe en cimier qui est la plus emblématique : les cheveux, préalablement lissés, sont tendus en une forme de crête sur de fines lamelles de raphia, puis décorés de perles multicolores ou dorées, de cauris, de pièces d’argent, ect. Côté soins, les peules nourrissent leur cuir chevelu avec du nharé, un masque au beurre qu’elles confectionnent elles-mêmes.

PARURE TRIBALE 

Championne de la parure, les Peules portent abondamment de bijoux en verroterie, argent, cuivre, et or. Toutefois, ce qui les caractérise le plus, ce sont de grosses boucles d’oreilles en or torsadé, très légères malgré leur diamètre de dix à quinze centimètres, ainsi que les petits anneaux d’or et d’argent fixés à l’une des narines. Enfin, signe de richesse, leurs pieds sont ornés de lourdes chevilliers qui leur confèrent une démarche chaloupée, considérée comme le summum de la séduction.

Par G. Yossa