Histoires de femmes… camerounaises (1)

Cinq personnalités marquantes, cinq vies, cinq parcours.

CHARLOTTE DIPANDA

Charlotte Dipanda 3

Crédit photo : Jacques Naismith

Depuis la sortie de Massa, son dernier album il y a à peine un an, Charlotte Dipanda enchaîne les succès. En septembre dernier, elle a ainsi réalisé à Paris son premier Olympia devant une salle survoltée et pleine à craquer. « J’ai été très émue de voir toute la diaspora africaine venue m’écouter et m’applaudir. Quel plaisir de voir ainsi la musique camerounaise toucher autant de monde ! Ce fut des moments extraordinaires », confie-t-elle.

« J’ai terminé ma tournée à l’Olympia un samedi, ajoute-t-elle, et, une semaine plus tard, je me suis retrouvée chez moi à Yaoundé pour chanter devant des milliers de Camerounais l’hymne officiel de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) féminine de football. Ce fut magique. » C’était le 18 septembre au Palais omnisports, lors de la soirée consacrée au tirage au sort des poules de la compétition.

La diva camerounaise, en effet choisie pour être la « voix d’or » de la CAN qui se déroulait du 19 novembre au 3 décembre, a donc fait vibrer des dizaines de milliers de supporters. En duo avec Richard King’s chantant en anglais et donc à l’image du Cameroun, à la fois francophone et anglophone, elle a soulevé l’enthousiasme et découvert de nouveaux fans. « Ce fut une très grande fierté que je ne suis pas prête d’oublier », conclut la jeune chanteuse, dont la carrière semble désormais comme mise en orbite. Car Charlotte – pour laquelle « chanter, c’est un vrai métier » – ne manque ni de projets ni d’invitations. Après une tournée en Afrique du Sud, où se réunissait le jury de « The Voice Africa » dont elle fait partie, elle a même été contactée pour faire du cinéma. Et elle vient d’être invitée au Mali pour chanter lors de la prochaine Journée mondiale de la femme début mars. « Je suis portée aux nues, avoue-t-elle avec une certaine satisfaction qui se lit sur son visage radieux, par tous ces événements qui se succèdent. Je ne pouvais pas espérer mieux ».

EVELYNE OWONA ESSOMBA

Evelyne Owona

Crédit photo : Jacques Naismith

Présentatrice vedette de la CRTV, où elle assure depuis cinq ans le Journal de 20h30, auquel elle a donné un sérieux « coup de jeune », Evelyne Owona Essomba vient de relever un nouveau défi en commentant en direct, pour la chaîne nationale camerounaise, la récente Coupe d’Afrique des Nations (CAN) féminine de football organisée, du 19 novembre au 3 décembre, pour la première fois depuis 44 ans au Cameroun.

Elle est devenue du même coup une véritable « star » du petit écran dans une grande partie de l’Afrique, même si les « Lionnes indomptables » ont été battues en finale par le Nigeria, comme en 2014. « Ce fut un véritable challenge car je ne connaissais pas grand chose au football avant que l’on me confie cette mission pour doper l’audience et que je m’y prépare d’arrache-pied pendant un  mois ». Un galop d’essai peut-être avant la CAN masculine organisée au Cameroun en janvier 2019.

Toujours souriante, la « Claire Chazal du Cameroun » est donc une journaliste heureuse comme elle est une femme comblée, mère de quatre enfants (dont une nièce adoptive) auxquels elle « consacre chaque seconde de liberté ». Et c’est une professionnelle reconnue, même si, confie-t-elle, « mon mari est mon premier fan car il a enregistré tous mes JT ». Grand reporter à Maroua, en 2009-2010, dans l’extrême Nord du pays, Evelyne a souvent fait face à des situations extrêmes et assuré de beaux reportages sur « le pays du choléra ! « Ce fut un électrochoc pour moi comme pour toute la société ».

Dans cet « univers impitoyable » qu’est une grande chaîne de télévision, la belle Evelyne a su s’imposer et tenir tête à ceux qui voulaient l’instrumentaliser à l’antenne. Elle est ainsi devenue une « figure » respectée de l’audiovisuel dans toute la sous-région, où elle donne des cours de journalisme. « Il n’y a pas de miracle, le secret de la réussite, c’est le travail », avoue-t-elle, prête à relever le prochain défi… comme une véritable « Lionne » du petit écran.

De Yaoundé, par Bruno Fanucchi