Histoires de femmes…camerounaises (2)

Cinq personnalités marquantes, cinq vies, cinq parcours.

Cette semaine nous allons à la rencontre de Joséphine, Suzanne et Yvonne.

Joséphine Brunet

Joséphine 2

Styliste qui a désormais imposé sa griffe, Yossa B, Joséphine Brunet vient d’ouvrir à Bastos, un des quartiers « chics » de la capitale camerounaise, le « Scipi Lounge ». Un véritable « club », très cosy pour les amateurs de cigares, de jazz, de cognac et de bons vins, très prisé pour les rendez-vous d’affaires. On y passe également d’agréables soirées entre amis autour d’un mojito ou d’un cocktail maison.

Accolé à sa boutique « très tendance », où elle expose ses collections, des dessous affriolants, et organise des présentations, des défilés de mode et des soirées culturelles, le Scipi Lounge est très vite devenu une adresse incontournable, le rendez-vous chic et branché de la capitale où l’on peut parfois croiser en toute simplicité des gens importants et le « Tout Yaoundé ». C’est Joséphine qui vous accueille et donne à ce lounge – dont elle a décoré avec goût l’intérieur – une grande partie de son charme car c’est avant tout un lieu privilégié de rencontres. Dans un cadre « surprenant » qui vaut vraiment le détour puisque, comme elle le dit elle-même « ma nouvelle passion, c’est le design et l’architecture d’intérieur ».

Spécialisée depuis longtemps dans la mode destinée aux grandes tailles, Joséphine n’oublie pas pour autant son premier métier de créatrice, même si, avoue-t-elle, « je fais en ce moment plein d’autres choses ». Yossa-B – on le sait – met la femme à l’aise avec des formes originales et des couleurs sobres ou chatoyantes.  Elle ne cesse de mettre en avant des innovations qui peuvent embellir les Africaines « pulpeuses », comme elle se plait à le souligner, afin qu’elles soient « rondes et sexy » grâce à ses collections. Tant il est vrai qu’ « une belle femme est une femme bien dans sa peau ».

Suzanne Guinet

Ancienne hôtesse de l’air chez Air Liberté puis Air France – « c’était un rêve d’enfance désormais réalisé» – Suzanne Guinet (qui vivait depuis plusieurs années à Paris) est rentrée depuis deux ans au Cameroun, son pays natal, pour lancer sa propre affaire. Elle a donc repris ses études – peu après sa maternité – et passé une licence de droit des affaires pour entamer une nouvelle carrière et faire ainsi profiter son pays de son énergie.

Suzanne, comme tant d’autres, est  entreprenante et dynamique, elle est le genre de personne qui a, devant elle, un « boulevard de réussite » si, du moins, ses projets sont bien conçus. Elle fait partie de cette nouvelle génération de femmes accomplies qui veulent donner un nouveau visage de l’Afrique et commencent par s’en donner les moyens. « On peut parfaitement rentrer au pays et s’épanouir professionnellement ici, à Yaoundé, où la qualité de vie est meilleure », explique-t-elle, en répétant à qui veut l’entendre : « Il fait bon vivre au Cameroun ».

« Pour les affaires, poursuit-elle, si l’on a une vision et un bon projet, l’Afrique offre bien des opportunités et des chances de réussite ». Elle vient ainsi de lancer sur Facebook « Concept Mode by SG » (Contact au : +237.697.06.93.27.). Un site de vente en ligne qui ouvrira courant janvier et s’adressera plus particulièrement « aux hommes chics qui ont un certain pouvoir d’achat ».

Son idée maîtresse est de « mettre le luxe à portée de main des Camerounais » et d’importer ainsi pour eux – de France notamment mais pas exclusivement – des vêtements de grandes marques (comme Francesco Smalto ou Jean-Louis Scherrer) qu’elle pourra leur faire livrer… Elle va ensuite ouvrir dans les prochains mois sa propre boutique, à Yaoundé. Ce concept de livraison « des grandes marques à petits prix » – ou du moins à des prix raisonnables – devrait marcher… pour une clientèle plutôt huppée.

Yvonne Moyu’Tagne

Yvonne

Photo / Jacques Naismith

Membre fondatrice de WimAfrica (Women in Maritime and Africa Shipowners), créée en mars 2015, et présidente de la Commission de coopération technique qui s’occupe de la communication et des partenariats avec les organisations internationales comme l’Union africaine, Yvonne Moyu’Tagne est une « féministe » active et engagée qui a épousé la « cause des femmes » pour faire bouger les choses. Et elle est d’autant plus efficace qu’elle a une énergie à revendre en permanence.

Native de Douala, « une ville très dynamique où il y a toujours quelque chose qui se passe jour et nuit », elle occupe, à 36 ans , un poste important de logisticienne au sein de l’Union des conseils des chargeurs africains (UCCA) qui a son siège dans la capitale économique du Cameroun et est présente dans une quinzaine de pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale. « J’adore nager et voyager », confie-t-elle. Cela tombe bien car son métier est axé sur la mer et le transport maritime et la pousse à se rendre souvent à Abidjan, Dakar, Lomé, Pointe Noire ou San Pedro. « Mais pour les vacances, j’aime bien aussi la France qui est toujours très accueillante et où les monuments sont tant chargés d’Histoire ».

« L’économie bleue – qui respecte la nature, les océans et le développement durable – c’est un domaine où tout reste à faire », observe-t-elle. « Mais ce peut être une chance extraordinaire demain pour le Cameroun, où la mer et ses ressources sont jusqu’à présent quasi inexploitées bien que nous disposions de ports comme Douala, Limbé et Kribi ». Il suffit en quelque sorte de se jeter à l’eau…

De Yaoundé, Bruno Fanucchi pour « I Am Divas »