Il était une fois… Les MIAO

Quand l’argent rend belle…

Il est une communauté particulière, dans la région du Guizhou, en Chine, où les femmes portent des parures et des tenues d’apparat sidérantes. Rencontre avec un peuple particulièrement chaleureux.

Texte Catherine Gary.

La beauté des faisans dorés repose sur leur plumage, celle des filles des Miao sur leurs ornements en argent…» Ce compliment chinois s’adresse à cette communauté ethnique du Guizhou qui est l’une des plus importantes en nombre parmi les cinquante-six recensées en Chine. Beaucoup vivent dans les montagnes, à l’ouest de cette province méridionale aux paysages étonnants : des maisons en bois, perchées en équilibre instable sur les pentes escarpées, à proximité des rivières, et leurs toitures chapeautées de cornes de buffles (l’animal emblématique honoré pour sa force au travail et le rôle qu’il occupe dans la vie de tous les jours). Et, tout autour, les cultures en terrasse aux lignes sinueuses : le riz, le thé, le maïs, le sorgho, le tabac et même la canne à sucre…

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Un trésor de près de 15 kg !

Chez les Miao, l’accueil n’est pas un vain mot, il répond à une étiquette très codifiée. Aussi, ne passez pas à côté de leurs villages car vous manqueriez le plaisir d’une rencontre insolite avec cette ethnie particulièrement chaleureuse. C’est en effet à l’occasion d’une visite – ou lors des nombreuses fêtes qui rythment l’année – que les femmes mettent leurs plus beaux habits. Il y a d’abord la couronne en argent sculpté qu’elles portent sur la tête. Mais aussi les bijoux étincelants, en argent eux aussi : pectoral, bracelets, bagues, pendentifs… Un trésor transmis de mère en fille pour enrichir la robe entièrement brodée. Le tout peut peser 15 kg. Et plus il y en a, mieux c’est ! Les jours de fête, elles défilent joyeuses, leurs hautes couronnes s’entrechoquant comme des bois de cervidés, ce qui les fait rire aux éclats, fières qu’elles sont d’arborer ces somptueux diadèmes. Si elles sont informées de votre venue, elles vous attendent avec, dans les mains, la coupe rituelle d’alcool de riz ou mieux, la corne de buffle évidée contenant « l’esprit de la corne », celui de leur animal sacré. Attention, c’est une boisson qui vous arrachera la gorge !  

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