Industrie textile en Afrique, les femmes en première ligne

L’Afrique, nouvelle destination favorite des industriels du vêtement ; les modeuses que nous sommes en ont sans doute entendu parler. En revanche, ce que l’on sait moins c’est que les ouvriers du secteur, en majorité des femmes, ont trimé dur – en moyenne dix heures par jour pour environ cent euros mensuels ! – pour fabriquer cette paire de jeans que l’on aime tant ou pour assembler notre trench fétiche. Loin du glamour des podiums et des pages mode des magazines, le quotidien de ces travailleuses est peu reluisant. Certaines associations dénoncent même des pratiques indignes dans certains pays. Un constat alarmant car à mesure que le secteur croît, les niveaux de production augmentent et, avec eux, de manière exponentielle, les risques de dégâts humanitaires ou environnementaux. Pour autant, les principaux acteurs de la filière ainsi que les gouvernements concernés ont encore les moyens de mettre fin à ces dérives qui entachent la crédibilité et menacent la viabilité d’une activité en plein essor.

Par Alain Georges Ngamou et Françoise Diboussi

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Textile : ces ouvrières qui tissent notre avenir

De fil en aiguille, l’Afrique tisse sa toile sur le marché mondial de la mode. Outre des créateurs de génie, désormais internationalement reconnus, le continent compte également une myriade de petites mains. Une main d’œuvre bon marché, majoritairement composée de femmes et très convoitée par les grandes enseignes de l’habillement. Maillons essentiels de la production, ces ouvrières sont pourtant confrontées à de graves difficultés qui soulignent l’urgence de réformer le secteur. 

Ces dernières années, le style et les savoir-faire africains en matière de mode ont le vent en poupe. Sur le continent ou ailleurs, les Fashion Week dédiées pullulent, offrant à de nombreux créateurs locaux et de la diaspora, l’opportunité de mettre en valeur leurs collections et de se créer une clientèle cosmopolite – y compris en Afrique où émergent des classes moyennes. Ils défilent sur tous les podiums de la planète, de New York au Cap, de Milan à Rio.

Certains designers, à l’instar du Nigérian Duro-Olowu, de la Ghanéenne Mimi Plange, de la Sénégalaise Sophie Nzinga, la Sud-Africaine Marianne Fassler ou encore de la Camerounaise Kibonen NY (pour ne citer que ceux-là), se sont ainsi fait un nom en instillant des éléments de leur culture d’origine (matières, coupes de vêtements et techniques) dans leurs créations, produites pour tout ou partie « au pays ». A leur manière, ces artistes promeuvent donc le « made in Africa » et diffusent un african way of style – comprenez « un style à l’Africaine » – même s’il serait incongru de parler de « mode africaine ».

Made in Africa

De toute évidence, l’Afrique inspire, stimule et attire. Un nombre croissant de marques prestigieuses ou de grands noms de la couture en Occident (Vivienne Westwood, Stella McCartney, Burberry, Louis Vuitton…) font le pari de collaborer, ponctuellement ou régulièrement, avec des artisans africains, notamment dans le cadre de programmes solidaires comme l’Ethical Fashion Initiative, lancée en 2009. 

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