Katia Ohandza, fondatrice d’Eurêka Coworking et présidente de la couveuse d’entreprises du Loiret

Un large sourire lumineux et des yeux pétillants laissent transparaître la passion et la créativité qui animent l’esprit vitaminé de Katia Ohandza. À 27 ans, cette jeune entrepreneure bilingue, qui rêvait d’une carrière dans l’événementiel, a conçu un cocon pour les travailleurs indépendants. Un endroit chaleureux, calme et surtout convivial. La jeune Orléanaise a lancé son entreprise Eurêka Coworking, préside la couveuse d’entreprises du Loiret et consacre encore du temps pour animer l’écosystème des entrepreneurs locaux.

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L’idée a commencé à germer durant mes études, notamment lors de mon stage dans une agence événementielle londonienne, en 2012. J’ai découvert ce concept un peu par hasard et j’ai trouvé cela génial. Ce côté libre, animé, propice à l’initiative. À la fin de mes études, je me voyais en freelance et j’ai cherché un lieu identique à Orléans pour débuter. Comme il n’en existait pas à l’époque, j’ai décidé de le créer. Étant quelqu’un d’assez dynamique, je voulais que mon projet aille vite. J’ai réussi à le monter en trois mois !

À quelles difficultés avez-vous dû faire face ?

Finalement, j’ai été mon plus gros obstacle ! Je me pose toujours tout un tas de questions. Lorsque j’ai lancé mon projet, je marchais un peu sur des œufs. Mon passage à la couveuse d’entreprises (de septembre 2014 à avril 2015) m’a permis de prendre confiance en moi et de me constituer un réseau. Cependant, j’ai eu très peur suite à un premier refus de subvention Mais finalement, mes autres sollicitations ont abouti, ce qui a conforté mon projet.

Eurêka Coworking fête, cette année, ses deux ans d’existence. Comment envisagez-vous l’avenir de la structure ?

Le bilan de ces deux ans est contrasté. Humainement, c’est une aventure incroyable. Mais j’ai eu des frayeurs et la boule au ventre, surtout au sujet de la trésorerie. Je trouve aussi que le développement est plus long que prévu. Aujourd’hui, l’entreprise reste fragile mais je me dis que comme Eurêka est encore là, elle ne l’est peut-être pas tant que ça ! Ce qui est gratifiant, c’est de voir qu’aujourd’hui la sauce prend. Il y a une vraie activité économique qui s’est créée au sein d’Eurêka, entre les trente adhérents qui évoluent tous dans des univers très différents. En revanche, je sais qu’un jour ou l’autre, je ne serai plus gestionnaire du lieu. J’ai toujours envie de me lancer dans l’événementiel sportif en indépendante. J’aime bien rester ouverte à l’inconnu ! ( sourire)

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Il existe aujourd’hui beaucoup d’appuis financiers et de structures d’accompagnement pour soutenir les jeunes créateurs d’entreprise. Pour autant, sur quel point faudrait-il mettre l’accent pour les aider à pérenniser leur activité et à passer le redouté cap des trois ans ?

Il existe différentes aides lorsque l’argent manque. Mais, pour moi, la seule solution pour s’en sortir c’est d’avoir plus de clients. Et pour cela, il faudrait peut-être aider les jeunes entrepreneurs à mieux communiquer sur leur activité ou à leur faciliter l’accès à d’autres réseaux de distribution. C’est ce que nous essayons de développer au sein de la couveuse.

À ce sujet, vous êtes la présidente de la structure PES 45 depuis cet automne. Ça aide d’être une jeune entrepreneure pour soutenir les jeunes créateurs ?

En tout cas, c’est un vrai avantage d’être passée par la couveuse parce que je connais le système, le fonctionnement et les besoins des couvés. Je me suis lancée dans cette aventure car, pour moi, c’était une façon de rendre l’aide que l’on m’avait donnée.

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Lors de l’assemblée générale qui avait lieu début juin, vous avez parlé d’améliorer les outils de la couveuse pour « poser les bases des changements ». À quoi faisiez-vous allusion ?

La couveuse évolue et est désormais fiscalisée. Ce changement nous ouvre une porte vers plus d’autonomie et nous permet d’accueillir des entreprises à plus fort potentiel.

Vous travaillez aussi sur un nouveau dispositif pour mieux accompagner les couvés à leur sortie?

Nous menons, en effet, une réflexion avec la BGE Loiret. L’idée serait d’apporter une solution aux créateurs pour consolider leur activité après la couveuse.

Vous avez également initié les Apéros entrepreneurs à Orléans, il y a plus d’un an. Ces rendez-vous, placés sous le signe de la convivialité, sont-ils toujours d’actualité ?

Oui ! Aujourd’hui, c’est la BGE qui a pris en main l’organisation. L’idée de ces rendez-vous consiste à favoriser le « réseautage ». Et c’est toujours plus sympa de partager un moment autour d’un apéro !

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Source La République du Centre. Propos recueillis par Laetitia Roussel