Laurence Lascary : « C’est une chance incroyable de faire du bien aux gens ! »

Le film « L’ascension » de Ludovic Bernard, dans les salles ce 25 janvier, raconte l’histoire d’un jeune de Seine-Saint-Denis qui grimpe sur le toit du monde. Rencontre avec la jeune productrice de ce feel good movie.

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Crédit photo : Patience Priso

Comment avez-vous monté votre structure de production, « De l’autre côté du périphérique », récompensée en 2008 par le Grand Prix Talents des Cités?

Depuis longtemps j’avais envie de travailler dans le cinéma. J’ai fait un Master sur le marketing et la distribution dans l’industrie audiovisuelle européenne. J’ai eu une première expérience en production, vente internationale et distribution chez Studio Canal. Ensuite je suis partie travailler un an à New York chez UniFrance, un organisme chargé de la promotion du cinéma français. Cette expérience m’a donné le déclic pour me lancer dans la production. Après un plan d’action ma société « De l’autre côté du périphérique » est née en octobre 2008.

Dès le départ votre parti pris a été de mettre en avant la diversité de la société française et la richesse de ses quartiers populaires (1)

Le nom « De l’autre côté du périph » annonce la couleur! J’ai envie d’apporter ma singularité dans l’ADN de la société. Mettre en avant des talents divers, sous-représentés sur les écrans. Raconter d’autres récits, avec l’idée qu’en dehors de Paris il y a le reste du monde. Voir du côté d’une France cosmopolite et des milieux populaires. Les documentaires qu’on a produits, Les marches de la liberté de Rokhaya Diallo (2013), et  Nos mères, nos daronnes de Bouchra Azzouz (2015) questionnent la société. Dans L’Ascension, ce qui prime, c’est l’histoire mais racontée d’une manière particulière…vue de l’autre côté du périph !

Ce film est basé sur une histoire vraie, celle de Nadir Dendoune, le premier Français d’origine algérienne à avoir réussi l’ascension de l’Everest: 8848 mètres de haut… Comment avez-vous adapté son récit autobiographique « Un tocard sur le toit du monde » paru aux éditions JC Lattès en 2010?

Fin 2010, j’ai rencontré Nadir Dendoune. Il venait de passer dans l’émission de télé « Sept à huit ». Une amie commune nous a présentés et on s’est très bien entendus. Son histoire, même si ça a été un gros challenge financier, correspondait à ce que j’avais envie de produire. Il y a eu tout un travail de préparation hyper long et difficile jusqu’à ce qu’un distributeur Mars films nous rejoigne fin 2015. Le tournage, entamé en février 2016 au Népal, a duré deux mois et demi.

L’Ascension surfe sur une vague de feel good movies français. Selon vous, cet optimisme est-il lié au besoin de sortir de la sinistrose ambiante?

C’est une époque dans laquelle on doute de l’être humain… Ce film met en scène des gens qu’on ne voit pas souvent ou alors toujours selon les mêmes prismes caricaturaux. C’est une chance incroyable de faire du bien aux gens ou de leur apprendre quelque chose !

Comment avez-vous choisi l’acteur principal, le comédien de stand-up Ahmed Sylla?

On a fait venir plein de jeunes comédiens noirs et maghrébins. Ahmed Sylla nous est apparu comme une évidence pour le personnage de Samy, auquel tout le monde peut s’identifier. Ahmed, à l’époque, n’en était qu’à ses débuts. Aujourd’hui, il a le vent en poupe. Quand au film, quelque soit son succès en salles, il y aura un avant et un après!

Propos recueillis par Julien Le Gros

(1) Laurence Lascary est membre du Collège de la Diversité du Ministère de la Culture censé promouvoir l’égalité des chances pour tous