Les merveilles de l’Afrique (2)

En matière de paysages de rêve, de lieux insolites, de sites inoubliables, l’Afrique ne manque pas d’atouts. Loin de là ! Nous avons sélectionné pour vous ces spots exceptionnel, authentiques et, pour certains, encore quasi inaccessibles. Ils révèlent toute la beauté de ce continent, ainsi que son incroyable diversité.

KENYA

L’archipel de Lamu

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Crédit photo : kenyavo

Considéré comme l’une des destinations gypset – contraction de « gypsy » et « jet-set » – les plus  courues, Lamu est un archipel dans l’océan Indien, au large de la côte nord-est du Kenya. La cité principale, également baptisée Lamu, fondée au XIVe siècle, abrite le village swahili le mieux préservé d’Afrique orientale.
De riches marchands d’esclaves et d’étoffes précieuses font sa fortune jusqu’au début du XXe siècle, lorsque le sultan de Zanzibar est contraint par les autorités britanniques à interdire le transport par terre ou par mer des esclaves. Vestiges de ce faste ancien, les portes de la vieille ville,  finement ciselées, témoignent du savoir-faire et du raffinement artisanaux de l’époque.

Il y a quelques années, l’activité de mouvances proches d’Al-Qaida dans la région ont considérablement abaissé la cote de l’archipel (classé en zone rouge par les autorités françaises), au grand dam des locaux qui vivent essentiellement de la pêche et du tourisme. Le gouvernement kényan se bat  pour restaurer la confiance des touristes et permettre à ce joyau qu’est Lamu de briller de nouveau.

 

MADAGASCAR

Belo-sur-Mer

Crédits photo : madagascar-photo

Crédits photo : madagascar-photo

Aux abords du parc national de Kirindy Mitea, Belo-sur-Mer est un des sites les plus pittoresques de Madagascar. Ce petit village de pêcheurs et de constructeurs de boutres (bateaux à voile traditionnels d’origine arabe)  possède une forêt étonnante de « baobabs bouteille ».
Les hommes du chantier naval fabriquent également des goélettes, d’après un savoir-faire que leur auraient transmis autrefois des marins bretons. Ils tracent leurs plans à même le sable, et leurs esquisses s’effacent aussitôt avec le ressac…

Au large, des îlots coralliens splendides fournissent un excellent prétexte pour faire escale dans ce lieu encore épargné par les circuits touristiques ultra-fréquentés.

Et si l’usage de la plage pour les besoins domestiques de la population rend la baignade et le farniente peu  attrayants, la vue en revanche est magnifique. À marée basse, la baie devient une sublime grève de sable blanc baignée de lumière. Ce paysage à lui seul vaut le détour. Attention cependant, la morsure de soleil est ici parfois si intense que les femmes et les fillettes se badigeonnent le visage avec la pulpe écrasée d’une plante locale.

ETHIOPIE

Harar

Crédits photo : voyage-ethiopie

Crédits photo : voyage-ethiopie

Considérée comme la quatrième ville sainte de l’Islam, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis seulement 2006, Harar a été fondée au VIIIe siècle dans l’est de l’Éthiopie. Juchée sur une colline à près de 2 000 m d’altitude, elle domine côté nord la plaine désertique des Afars, et côté sud, le territoire des Somalis.
C’est sans doute ce qui explique son rayonnement culturel et commercial progressif, avec pour spécialités le café, excellent dans la région, et la traite d’esclaves. Ainsi, la vieille ville est ceinte par des murailles érigées au XVIe siècle pour se protéger des invasions chrétiennes et des attaques des Oromos voisins. La cité atteint son apogée au XIXe siècle – le poète Arthur Rimbaud y séjourne même en tant que négociant entre 1880 et  1891 – avant d’être tour à tour occupée par les Égyptiens, les Italiens et les Amharas.

De son passé prestigieux, Harar conserve une centaine de mosquées et  sanctuaires. Aujourd’hui, la vieille ville est comme figée dans le temps, gagnée par une sorte de langueur dans son dédale de ruelles paisibles bordées de maisons aux façades colorées à la chaux.

Au-delà des anciens remparts, c’est l’effervescence comme jadis : les femmes déambulent dans leurs toilettes chatoyantes, parées de bijoux argentés finement ouvragés, au milieu des étals de victuailles, de vannerie ou de khat – une amphétamine naturelle produite localement. Les convois d’ânes, de dromadaires et de chèvres investissent les passages étroits, les tailleurs s’activent dans leurs échoppes près de la porte de Buda, les forgerons dans leurs ateliers près du marché central…

Et ça dure jusqu’à la tombée de la nuit, à l’heure où les six portes de la  citadelle ferment, barrières salutaires contre les hordes de hyènes qui surgissent de l’ombre en ricanant. Depuis des siècles, deux familles de la ville  se chargent de les nourrir; un rituel impressionnant qui continue d’attirer  les visiteurs…