Tess la douceur

Vous n’avez pas fini d’entendre parler d’elle. Sensible, Tess est une artiste armée d’une voix  assurée et chaleureuse. Originaire de la Réunion, elle se fait connaitre à travers son premier EP sorti en janvier et qui fait de beaux ravages dans les charts.

(c) Jules Faure

(c) Jules Faure

Elle donne l’impression d’incarner la douceur. Des mots délicats s’évadent de ses lèvres, des gestes subtils accompagnent ses paroles colorées. D’une impulsion angélique, Tess confesse : «  Je n’ai jamais pris la musique au sérieux. » Arrivée en France en août 2016, avec, en poche, un diplôme de kinésithérapeute décroché à la Réunion, son île paradisiaque qui a bercé son enfance elle avait l’intention de soigner les corps avec ses mains.

Petite, elle pressentait son don mais gardait ça pour elle : «  Je n’avais pas conscience… de ce potentiel. » Chanter était comme son jardin secret qu’elle cultivait avec des accords de guitare appris à 14 ans et des textes composés dès l’âge de 15 ans. Parfois, elle partageait son talent avec sa petite soeur, sa famille, ses amis proches et le reste du monde à travers youtube : «  Je faisais juste quelques covers de temps en temps mais je chantais rarement en direct. » Entre le moment où elle poste sa reprise d’un titre de Lilly Wood and The Prick et  le jour où Pierre Guimard (fondateur du label Choke Industry) la contacte, deux ans s’écoulent : « Cette vidéo datait de 2013, elle n’était pas la plus regardée… J’étais tellement surprise ! » De là, tout s’enchaîne rapidement et Choke Industry devient son label en 2014. Un an plus tard, elle assure la première partie de la chanteuse Tal à la Réunion.

A la suite du succès rencontré par son titre pop, « Love Gun », Tess est en pleine tournée française jusqu’à la mi-mai. Sur scène, elle est métamorphosée. Tess ne connait pas le stress. Libre et encore plus pétillante, elle laisse éclater sa simplicité et délaisse sa nature réservée : « Je prends beaucoup de plaisir, je m’exprime comme je veux, sans barrière. Je connais et j’aime la scène ». Oui, car Tess est une artiste depuis toujours. Se dévoiler et livrer des émotions à travers l’art n’est pas nouveau pour elle : « Ma passion première est la danse. J’ai commencé le modern jazz à 4 ans, puis la danse classique à 10 ans. »

Tess I AM DIVAS

(c) Jules Faure

Sur scène, elle n’est plus la petite fille toute seule dans son coin. Aujourd’hui, à 22 ans, la musique est sa nouvelle échappatoire. Tess dispose d’une trentaine de morceaux à faire découvrir au monde. L’inspiration la saisit partout : «  « I will follow you » (à découvrir sur l’EP), je l’ai composée le weekend du 1er mai 2015 à la Réunion. Je faisais du paddle à la plage et en rentrant à la maison, j’ai tout de suite écrit… Je ne vois pas le lien entre ce que je faisais et les paroles de la chanson mais (rires) en à peine une heure, elle était finie. » Influencée par des artistes tels que Sia, Lana Del Rey ou encore Ed Sheeran avec qui elle rêverait de collaborer, elle compose des titres intimistes en anglais depuis ses débuts : « mes chansons parlent de la vie, du bonheur et d’amour avec « Love Gun »  et « Endlessly » mais ce n’est pas la même histoire. « Endlessly », c’est un amour rêvé, parfait, utopique… comme dans les films. » Admirative du travail d’Alexandre Desplat, Hans Zimmer ou encore Yann Tiersen, Tess adorerait composer pour un film. Dans cette nouvelle vie bien réelle qui est la sienne, tout lui est possible. La prochaine étape, c’est l’album… et de la danse dans ses clips !

Par Leslie Muya