Visite d’intérieur : Maison galerie à Dakar

aissadione-diva-6-okDesigner textile talentueuse ayant collaboré avec Christian Lacroix ou Hermès, Aïssa Dione, franco-sénégalaise de 62 ans, nous accueille dans sa demeure dakaroise, une maison-showroom qui fait également chambre d’hôtes. Un lieu atypique où transparaît la passion d’Aïssa pour l’art contemporain et l’artisanat africains.

C’est une discrète villa blanche, sur la Corniche Ouest de Dakar, à 200 m de la plage. Au centre d’une belle propriété de 800 m2, la maison, dotée d’un étage, affiche elle-même des proportions généreuses : 250 m2 d’espace à vivre aménagé avec beaucoup de cachet. Et, tout autour, un vaste jardin exotique planté entre autres de manguiers, papayers et bananiers.

Un lieu d’accueil dédié à l’art 

Dès l’entrée, partout où le regard se pose, l’art se donne à voir ; l’occupante des lieux expose à longueur d’année des créations contemporaines de peintres, photographes, plasticiens, etc. Parmi eux, on compte des Sénégalais comme Soly Cisse, Camara Guèye et Serigne Mbaye Camara, mais aussi le Burkinabé Siaka Soppo Traoré, le Franco-Ivoirien François Xavier Gbré, les Camerounais Hervé Yanguem et Joel Mpah Dooh, les Togolais A Ayo et Sadikou Oukpedjo…

Au rez-de-chaussée, de part et d’autre du hall avec son escalier, le séjour et l’espace galerie jouent en toute sobriété les salles de réception, tandis qu’une chambre, équipée d’un lit à baldaquin, est toujours prête à accueillir des hôtes. À l’étage, les chambres Safran et Cobalt, dont les noms affichent littéralement la couleur, peuvent également être réunies pour des familles de passage.

Raffinement extrême et slow design 

Dans la maison, le design intérieur, à la fois minimaliste et authentique, est une ode au savoir-faire des artisans du cru ; chaque pièce de mobilier est issue des ateliers d’ADT (Aïssa Dione Tissus). Quant aux accessoires textiles (rideaux, plaids, coussins…) qui réchauffent délicatement l’ambiance, spécialité de la maîtresse des lieux, ils sont confectionnés en coton bio, parfois allié à du raphia. La matière première est filée et tissée à l’ancienne suivant les techniques traditionnelles de l’ethnie manjak.

Note d’élégance subtile, le revêtement des murs, comme des sols – quand ces derniers ne sont pas tapissés de carreaux de ciments issus d’ateliers locaux datant de l’époque coloniale –, est en marbre du Sénégal oriental, mixé à la chaux et aux oxydes. La finition en terrazzo, procédé italien apparu vers le XVe siècle, tire d’ailleurs avantageusement parti de la lumière et des qualités esthétiques de ce matériau.

On quitte à regret cette villa simple, confortable mais distinguée où la maîtresse de maison a su créer une atmosphère délicate et harmonieuse. Une autre idée du luxe, en somme…

Texte Françoise Diboussi Crédit photo Fabrice Monterio